Alexandre et Sophie Martin-Achard, leurs enfants et petits-enfants


Aîné de quatre sœurs, Alexandre Martin (1822-1887) est le seul continuateur de la famille Martin au milieu du XIXe siècle. Lorsqu’il se marie avec Sophie Achard, en 1846, le jeune homme est avocat depuis deux ans. Suivant l’exemple de son père, il a choisi le droit, comme le fera après lui son fils aîné Alfred, et quatre de ses petits-fils : Frédéric, Léon, Alexandre et Robert Martin. D’où l’habitude d’appeler la famille les Martin-Bâton.

Alexandre Martin est élu député au Grand Conseil à plusieurs reprises depuis 1848 ; il préside cette assemblée en 1866-1867. En 1861, il fait partie de la Constituante. Sa carrière universitaire commence en 1873 par sa nomination au poste de professeur de droit commercial à l’Université de Genève, charge qu’il assumera jusqu’en 1886. Il est nommé recteur de l’Université pour la période 1876-1878 et 1884-1886. Il s’éteint le 7 novembre 1887, âgé de 65 ans.

Par son mariage avec Sophie Achard, Alexandre Martin noue les premiers liens avec une famille dans laquelle l’un de ses petits-fils trouvera une compagne en 1904. Du mariage d’Alexandre Martin avec Germaine Achard naîtra la branche appelée officiellement depuis 1931 Martin-Achard.

Les enfants d’Alexandre Martin et de sa femme Sophie née Achard sont Alfred, né en 1847, Ernest, né en 1849, et Mathilde, née en 1855. Celle-ci séjourne en été à Cologny, avec ses parents et ses frères, puis seule avec ses parents, dans la maison dite le Clos de l’Eglise. Cette propriété, qui est toujours dans la famille, appartient à Sophie Martin née Achard, qui en a hérité en 1870 de sa mère Constance Achard née Gautier. Les Gautier possèdent à Vandoeuvres une campagne (passée des Gautier aux Borel), où les Martin sont les bienvenus du temps de leur oncle Alfred Gautier, mort en 1881.

Les deux fils des Martin-Achard, Alfred et Ernest, sont les auteurs de deux branches de la famille qui se réunissent chaque année à l’Escalade.

Alfred Martin (1847-1927), juriste comme son père et son grand-père, devient avocat en 1870, professeur de droit civil à l’Université de Genève en 1885 – il le restera jusqu’en 1922 – , deux fois doyen de la Faculté de Droit, deux fois recteur de l’Université, conseiller municipal à Cologny, président du Consistoire de l’Eglise Nationale Protestante. Il épouse en 1871 Pauline Le Fort (1851-1914), dont la famille occupe en été la campagne Micheli, actuellement Spinola, à Frontenex. Tout près de là, Alfred et Pauline Martin-Le Fort font édifier pour eux en 1907 une grande villa à laquelle ils donnent le nom du bourg d’où les Martin sont venus en 1720 : « Tulette ». Vendue par les héritiers de Frédéric Martin, la maison a été démolie en 2012. Un nouveau quartier improprement appelé « la » Tulette, est en construction à cet endroit. Les Martin-Le Fort ont quatre fils : Frédéric, avocat et conseiller d’Etat, Léon, notaire, Alexandre, avocat et professeur extraordinaire à l’Université de Genève, Paul-Edmond, archiviste et professeur à l’Université de Genève.

Le second fils des Martin-Achard est Ernest Martin (1849-1910). Consacré pasteur en 1873, il est nommé pasteur de la paroisse des Pâquis en 1877, un an après son mariage avec Augusta Rilliet (1855-1921). Il gardera ce ministère jusqu’en 1891, année de sa nomination à l’Université de Genève en tant que professeur d’exégèse du Nouveau Testament. Il sera nommé recteur de l’Université pour la période 1900-1902. Comme les Martin-Le Fort, les Martin-Rilliet se font bâtir une villa d’été, inaugurée en 1899 à Chambésy, sur cette côte où Augusta Martin née Rilliet a passé son enfance, dans le domaine familial du Vengeron à Bellevue. La villa de Chambésy, appelée « Maisonneuve », restera dans la famille jusqu’en 1945. Elle existe toujours, enlaidie par le morcellement de son jardin. Les Martin-Rilliet ont cinq enfants : Camille, architecte et archéologue, Robert, notaire, Sophie (Madame Fernand Aubert), Victor, professeur à la Faculté des lettres de l’Université de Genève, et Amélie (Madame Philippe de Vargas), auteure d’un recueil de poésie publié en 1920.

BCh