Les origines de la famille Martin de Tulette

Gravure représentant le pasteur Jean-François Martin décédé le 29
juin 1800, d’après Firmin Massot.

Les premières recherches sur les origines de la famille Martin ont été entreprises par Alfred Martin en 1884, à l’occasion d’un voyage à Tulette, dans le département français de la Drôme. Longtemps ce bourg dauphinois a été considéré comme le berceau de la famille Martin. C’est de Tulette que Marianne Martin (1692-1743) et son frère Jean Martin (1706-1758), jeunes encore, sont venus à Genève en 1720. Des recherches menées plus tard par Paul-Edmond Martin à Tulette, puis à Banon, ont montré que ce dernier village de l’actuel département des Alpes-de-Haute-Provence, est le véritable lieu d’origine des Martin. L’archiviste de la famille, aidé par des confrères locaux, a établi que l’aïeul Melchior Martin, plus tard chirurgien à Tulette, était né à Banon, fils de Poncet Martin, chirurgien lui-même, et de Melchionne Reynaud. A Banon, l’arbre généalogique remonte jusqu’au XVIe siècle, avec au sommet Jean Martin, qui vivait en 1576.

Melchior Martin (1616-1690) vient donc de Banon s’établir à Tulette. Il y est connu comme chirurgien en 1644. De sa femme Spirite Brun, il a douze enfants, parmi lesquels Joseph Martin, qui continue la filiation. A cette époque, les Martin appartiennent à l’église officielle, c’est-à-dire catholique ; l’un des frères de Joseph Martin, Denis, sera même curé à Valaurie, département actuel de la Drôme. Il faudra le mariage de Joseph Martin, en 1690 à Tulette, avec Françoise Guillermin, pour que la famille adopte la religion réformée. Réfugié à Genève pour cette raison, Jean Guillermin, frère de Françoise Martin née Guillermin, favorisera la venue de sa nièce Marianne et de son neveu Jean à Genève.

Les immeubles 33 et 35 Grand-Rue réunis ont été la propriété dès 1755 de Jean Martin, puis de son fils Jean-François Martin, et enfin de la veuve et des enfants de celui-ci jusqu’en 1809.

Quelques années après leur arrivée, l’Eglise de Genève fait bon accueil aux deux jeunes Martin. Le fait d’être « nés d’une mère protestante » leur permet d’être admis à la communion ; d’abord en 1724 Marianne Martin , qui a déjà 32 ans, suivie en 1736 par son frère Jean, âgé de 20 ans. Jean Martin (1706-1758) apprend le métier de maître et marchand confiturier auprès d’une dame Canus. Il se mettra plus tard à son compte, avec des associés successifs, et se trouvera en mesure d’acquérir la bourgeoisie de Genève en 1744. Il achètera en 1755 une maison portant le numéro 197 Grand-Rue, actuellement numéros 33 et 35 réunis. De sa femme Marianne de Ferre (1719-1802), rencontrée à Genève, mais originaire comme lui du Dauphiné (région du Poët-Laval), Jean Martin a trois enfants, dont seuls Catherine-Elisabeth et Jean-François, le futur pasteur Martin-Rey (1745-1800), parviendront à l’âge adulte. Jean Martin meurt à seulement 52 ans, le 8 janvier 1758, dans sa maison de la Grand-Rue. Sa veuve y passera le restant de ses jours, jusqu’à son décès en 1802, âgée de 83 ans.

Deux ans plus tôt, Marianne Martin née de Ferre a eu le chagrin de perdre son fils Jean-François, le 29 juin 1800, pendant qu’il donnait son catéchisme dans la chaire du temple de la Madeleine. D’où son surnom de “Martin mort en chaire”. La maison de la Grand-Rue ayant été vendue en 1809 à M. Paul Wessel, Catherine-Elisabeth Martin et son neveu Jean vont habiter dans une autre maison de la Grand-Rue, numéro 9, aujourd’hui 28, dont Jeanne Martin née Rey, la femme du pasteur, avait hérité de son père en 1790. Cette maison Rey restera dans la famille Martin jusqu’au 31 octobre 1877, date à laquelle les enfants du procureur Jean Martin-Trembley la cèderont à M. et Mme Marc-François Badel-Chalut.

BCh